Le nouveau Pavillon Aladina, une extension dédiée aux jeunes patients et aux futures mères de l'Hôpital dominicain San Martín de Porres à Yaoundé, Cameroun, est un exemple remarquable d'architecture bioclimatique. Ce projet intègre harmonieusement les ressources naturelles, notamment l'eau et la lumière, pour créer un environnement curatif et durable. Sa conception tient compte des conditions climatiques locales, offrant des solutions innovantes pour la gestion de l'eau et la ventilation, tout en privilégiant l'utilisation de matériaux issus de la région pour une intégration respectueuse et un impact écologique réduit.
La conception architecturale du Pavillon Aladina repose sur une compréhension approfondie du climat de Yaoundé. Caractérisée par des températures modérées tout au long de l'année, oscillant entre 20°C et 30°C, la ville présente également des défis en matière d'accès à l'eau courante. En réponse à cette réalité, le bâtiment a été pourvu de toits en pente prononcée et de larges avant-toits. Ces éléments structurels ne sont pas seulement esthétiques ; ils jouent un rôle crucial dans la collecte des eaux de pluie, acheminées vers des réservoirs alimentés par gravité pour les besoins sanitaires du pavillon. Cette ingénieuse solution pallie l'absence d'approvisionnement en eau courante, garantissant l'autonomie du bâtiment.
En outre, la façade du pavillon est ornée d'un treillis en béton. Cette caractéristique architecturale offre une protection efficace contre les rayons solaires directs et les averses tropicales. Plus important encore, elle favorise une ventilation transversale optimale, essentielle pour maintenir une température intérieure agréable sans recourir à des systèmes de climatisation énergivores. L'absence de vitrages est compensée par l'installation de moustiquaires, protégeant ainsi les occupants des insectes et autres nuisibles, tout en permettant une circulation d'air constante.
La construction du pavillon a délibérément mis l'accent sur l'utilisation de ressources locales. Le bois, employé pour la toiture, et le béton préfabriqué, élaboré sur place, sont des choix qui reflètent cet engagement. L'emploi de ces matériaux contribue non seulement à simplifier le processus de construction et à en réduire les coûts, mais il minimise également l'empreinte environnementale du projet. Cette approche renforce les liens du bâtiment avec son milieu immédiat, s'intégrant naturellement dans le paysage camerounais et incarnant une architecture respectueuse de son contexte culturel et écologique.
Ce projet illustre une approche architecturale consciente et intégrée, où les défis environnementaux et sociaux sont transformés en opportunités de conception innovantes. En privilégiant l'autonomie hydrique, la ventilation naturelle et l'utilisation de matériaux locaux, le Pavillon Aladina transcende sa fonction hospitalière pour devenir un modèle de construction durable et éthique, offrant un cadre de soins sain et en harmonie avec son environnement naturel et humain.