La période de reprise tant attendue dans le secteur du bâtiment pourrait être compromise par l'escalade des tensions au Moyen-Orient. Face à une nouvelle crise énergétique imminente, les fédérations professionnelles, la FFB et la CAPEB, lancent un appel pressant à la responsabilité. Elles s'inquiètent des répercussions potentielles sur le coût des matériaux et, par conséquent, sur l'ensemble de l'activité du BTP, craignant que les perspectives favorables de 2026 ne s'envolent. Cette situation exige une réflexion collective sur les mesures à prendre pour sauvegarder la stabilité du secteur.
Le secteur du bâtiment sous pression face à l'incertitude géopolitique
Le 25 mars 2026, la période de relative accalmie que connaissait le secteur du bâtiment s'est assombrie. En effet, les tensions croissantes au Moyen-Orient, notamment la fermeture du détroit d'Ormuz, ont entraîné une flambée des prix du pétrole, le baril de brent atteignant 99,12 dollars. Cette instabilité géopolitique ravive les craintes d'une nouvelle crise énergétique, menaçant directement les coûts de production des matériaux de construction, comme le souligne l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem).
Les impacts se font déjà sentir, avec des hausses de prix observées sur des matériaux tels que le PVC. La Fédération française des industriels de la préfabrication Béton (FIB) prévoit une augmentation inévitable des coûts du ciment, de l'acier et du carburant, ce qui pourrait retarder certains projets de construction. Jacques Plattard, président de la FIB, exprime son inquiétude face à l'éloignement des espoirs de reprise en 2026. Malgré une situation différente de celle de 2022-2023, la Fédération française du bâtiment (FFB) constate des avertissements de hausses de prix, même si aucune pénurie de matériaux n'est signalée.
Dans ce contexte incertain, la FFB et la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) appellent à la responsabilité de tous. Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, met en garde contre les conséquences d'une nouvelle inflation pour les petites entreprises. Olivier Salleron, président de la FFB, demande au gouvernement d'agir en faveur de marchés publics et privés à prix révisables pour pallier les fluctuations de coûts.
Pour suivre de près cette évolution, la CAPEB a réactivé son Observatoire des prix et souhaite la réactivation du comité de crise interministériel mis en place en 2022. La FFB plaide, quant à elle, pour la création d'un observatoire public des prix des matériaux, en s'appuyant sur les index BTP calculés par l'INSEE. Enfin, les organisations réclament un traitement égalitaire pour le secteur du bâtiment concernant les aides gouvernementales face à la hausse des prix du pétrole, notamment pour le GNR, afin d'assurer des conditions de travail optimales pour les entreprises.
L'actualité démontre une fois de plus la vulnérabilité du secteur de la construction face aux aléas géopolitiques. Cette situation nous pousse à réfléchir à l'importance d'une réponse collective et coordonnée. Il est essentiel que toutes les parties prenantes – les entreprises du bâtiment, les fournisseurs, et le gouvernement – travaillent de concert pour élaborer des stratégies résilientes. La transparence sur les prix, la mise en place de mécanismes de révision des coûts et un soutien équitable de l'État sont cruciaux pour protéger ce pilier de notre économie. Cette crise est un rappel poignant de la nécessité d'anticiper et de s'adapter aux changements imprévus, afin d'assurer la pérennité des milliers d'emplois et de projets qui dépendent de ce secteur vital.